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Identité visuelle et print · Couleurs

Choisir les couleurs de son identité visuelle : écran, print, contraste

Choisir les couleurs de son identité visuelle : écran, print, contraste

La couleur est souvent le premier élément que l’on retient d’une marque, avant même le nom. Bien choisie, elle rend une entreprise reconnaissable au premier coup d’œil. Mal définie, elle change d’un support à l’autre : un bleu franc sur le site devient violacé sur les flyers et terne sur l’enseigne. Voici comment choisir sa palette et la fixer pour tous les usages.

Partir du positionnement, pas des goûts personnels

Une couleur n’a pas de sens universel, mais elle porte des associations culturelles et sectorielles. Le vert évoque souvent la nature ou la santé, le bleu la confiance, le rouge l’énergie ou l’urgence, le noir l’élégance. Ces associations varient selon les publics et les secteurs ; elles servent de point de départ, pas de règle.

Trois questions aident à trancher :

  • Que doit ressentir votre client ? Une boulangerie artisanale cherchera la chaleur, un serrurier la fiabilité, un salon de coiffure la modernité ou la douceur selon sa clientèle.
  • Quelles couleurs utilisent vos concurrents ? Si tous les plombiers de votre ville sont en bleu, une autre teinte vous distinguera.
  • Où la couleur sera-t-elle vue ? Une enseigne en plein soleil, un écran de téléphone et un papier recyclé ne rendent pas les teintes de la même manière.

Le choix découle de votre positionnement marketing : la couleur traduit ce que vous voulez que l’on pense de vous.

Combien de couleurs ?

Une palette resserrée est plus facile à reconnaître et à respecter. Pour une TPE, une structure simple fonctionne bien :

RôleNombreUsage
Couleur principale1Logo, éléments forts, boutons
Couleurs secondaires1 à 2Accents, rubriques, illustrations
Neutres2 à 3Texte, fonds, séparations (noir ou gris foncé, blanc, gris clair)

Au-delà de quatre ou cinq couleurs, les documents perdent leur unité et chacun finit par piocher au hasard.

Écran : RVB et hexadécimal

Les écrans affichent les couleurs par mélange de lumière rouge, verte et bleue : c’est le mode RVB (RGB en anglais). Chaque composante va de 0 à 255. Le code hexadécimal, de la forme #1F4E79, est une autre écriture de la même valeur, utilisée dans les sites internet et la plupart des outils en ligne.

Ces deux notations servent pour le site, les réseaux sociaux, les présentations, les newsletters et tous les documents destinés à rester numériques.

Impression : CMJN et Pantone

L’impression fonctionne autrement : l’encre absorbe la lumière. Les imprimeurs utilisent la quadrichromie CMJN (cyan, magenta, jaune, noir), qui reconstitue les couleurs par superposition de points de ces quatre encres.

Le passage du RVB au CMJN n’est pas neutre : certaines couleurs très vives à l’écran, notamment des verts, des orangés et des bleus électriques, ne peuvent pas être reproduites exactement en quadrichromie. Il vaut mieux définir dès le départ une valeur CMJN validée sur épreuve imprimée, plutôt que de laisser un logiciel convertir automatiquement.

Le système Pantone, enfin, désigne des encres préparées à l’avance, appelées tons directs. Elles garantissent une couleur constante d’une impression à l’autre et permettent des teintes impossibles en CMJN (fluo, métallisé). On les utilise surtout pour des logos, des emballages ou des impressions en une ou deux couleurs. Les nuanciers existent en versions pour papier couché et non couché, car le même ton ne rend pas pareil sur les deux. Pour la préparation des fichiers, voir notre guide pour préparer un fichier pour l’imprimeur.

Contraste et accessibilité

Une couleur agréable n’est pas forcément lisible. Un texte gris clair sur fond blanc ou un jaune sur fond blanc gêne la lecture de beaucoup de personnes, et pas seulement celles qui ont une déficience visuelle : un écran au soleil ou une impression pâle suffisent à rendre le texte illisible.

Les règles internationales pour l’accessibilité des contenus web (WCAG) fixent des ratios de contraste minimaux entre le texte et son fond :

  • 4,5:1 pour le texte de taille normale ;
  • 3:1 pour le gros texte (titres de grande taille) ;
  • 3:1 également pour les éléments graphiques utiles à la compréhension, comme les icônes ou les contours de champs de formulaire.

Des outils gratuits de vérification de contraste permettent de tester une paire de couleurs en saisissant leurs codes hexadécimaux. Faites le test avant de valider la palette : il est fréquent qu’une couleur principale convienne pour un logo ou un aplat, mais pas pour du texte. Dans ce cas, prévoyez une variante plus foncée réservée aux textes et aux liens.

Ces seuils viennent des WCAG 2.1, que la France décline dans le RGAA pour les sites publics et pour une partie des sites privés. Le contraste n’y est qu’un critère parmi d’autres : le guide des 106 critères du RGAA montre ce que l’identité visuelle d’un site doit encore respecter, des liens identifiables autrement que par la couleur aux informations qui ne passent pas uniquement par elle.

Évitez aussi de transmettre une information uniquement par la couleur, par exemple « les champs en rouge sont obligatoires » : une partie du public distingue mal certaines teintes, en particulier le rouge et le vert.

Fixer la palette

Une fois les couleurs choisies, notez pour chacune :

  1. son nom d’usage (« bleu nuit », « sable ») ;
  2. son code hexadécimal et ses valeurs RVB ;
  3. ses valeurs CMJN validées sur épreuve ;
  4. sa référence Pantone si vous imprimez en ton direct ;
  5. les associations autorisées et les combinaisons de texte qui respectent le contraste.

Ces informations ont leur place dans votre charte graphique, à transmettre à chaque prestataire. Tant qu’une couleur n’est définie que par « le bleu du logo », chacun en aura sa propre version.

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