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Communication locale · Enseigne et vitrine

Enseigne et vitrine : règles à connaître et conseils de lisibilité

Enseigne et vitrine : règles à connaître et conseils de lisibilité

Pour un commerce de rue, l’enseigne et la vitrine sont le premier support de communication, et souvent le plus rentable : elles travaillent tous les jours, devant tous les passants. Encore faut-il qu’elles soient lisibles, et qu’elles respectent des règles qui varient d’une commune à l’autre.

Enseigne, préenseigne, publicité : de quoi parle-t-on ?

Le Code de l’environnement distingue trois notions :

  • l’enseigne : toute inscription, forme ou image apposée sur l’immeuble où s’exerce l’activité, ou sur le terrain où elle s’exerce, et qui s’y rapporte ;
  • la préenseigne : une inscription qui signale la proximité du lieu où s’exerce l’activité, par exemple un panneau fléché à l’entrée d’une rue ;
  • la publicité : toute autre inscription destinée à informer le public ou à attirer son attention.

Cette distinction compte, car les règles d’implantation, de taille et d’autorisation ne sont pas les mêmes pour les trois. Une plaque au-dessus de la porte du salon de coiffure est une enseigne ; une affiche pour ce même salon posée sur le mur d’un voisin est une préenseigne ou une publicité.

Le règlement local de publicité

Beaucoup de communes et d’intercommunalités ont adopté un règlement local de publicité (RLP), ou un règlement local de publicité intercommunal (RLPi). Ce document adapte la réglementation nationale au territoire, et il est souvent plus strict : dimensions maximales, nombre d’enseignes par façade, enseignes en drapeau, matériaux, couleurs, éclairage.

Le RLP est annexé au plan local d’urbanisme et peut être consulté en mairie ou au service urbanisme de l’intercommunalité. C’est la première chose à demander avant de commander une enseigne : un fabricant d’enseignes sérieux posera d’ailleurs la question.

Quand faut-il une autorisation ?

L’installation d’une enseigne est soumise à autorisation préalable du maire dans plusieurs situations, notamment :

  • sur le territoire d’une commune couverte par un RLP ;
  • dans les secteurs protégés : abords des monuments historiques, sites patrimoniaux remarquables, sites classés ou inscrits, par exemple.

Dans les secteurs protégés, l’avis de l’architecte des Bâtiments de France est en général requis, ce qui allonge les délais. Prévoyez la demande bien avant l’ouverture.

La vitrine elle-même peut aussi être concernée : modifier une devanture, changer la couleur d’une façade ou remplacer une menuiserie relève en principe des règles d’urbanisme et peut nécessiter une déclaration préalable. Là encore, le service urbanisme de la mairie est l’interlocuteur à consulter. En cas de doute, posez la question par écrit et gardez la réponse.

L’éclairage et l’extinction nocturne

Les enseignes lumineuses sont soumises à une règle nationale d’extinction : elles doivent être éteintes entre 1 heure et 6 heures du matin lorsque l’activité signalée a cessé. Lorsqu’une activité cesse ou commence entre minuit et 7 heures, l’enseigne est éteinte au plus tard une heure après la fermeture et peut être rallumée une heure avant la réouverture. Des dérogations existent pour certains événements, et le RLP peut fixer des règles plus strictes.

Au-delà de l’obligation, un éclairage sobre est aussi plus élégant : une enseigne éclairée par un rétroéclairage doux ou des spots dirigés vieillit mieux qu’un caisson très lumineux. Un programmateur horaire évite d’oublier l’extinction.

Une enseigne qui se lit de loin

Une enseigne doit être comprise en un coup d’œil, depuis le trottoir d’en face ou depuis une voiture. Quelques principes :

PrincipeEn pratique
Un message courtLe nom, éventuellement l’activité en un ou deux mots
Un contraste fortLettres claires sur fond sombre ou l’inverse, jamais deux tons proches
Une typographie lisibleÉviter les écritures très fines, cursives ou trop condensées
Une taille adaptéePenser à la distance de lecture réelle, pas à l’écran de l’ordinateur
Une cohérenceMêmes couleurs et même logo que sur les autres supports

Votre logo n’est pas toujours adapté tel quel à une enseigne : un logo très détaillé peut devenir illisible à distance. Une version simplifiée, prévue dans la charte graphique, règle souvent le problème.

La vitrine, une affiche permanente

La vitrine n’est pas un mur d’annonces. Une vitrine encombrée d’affichettes, d’autocollants et de promotions superposées perd son pouvoir d’attraction. Mieux vaut un message principal, renouvelé régulièrement, et une vue dégagée sur l’intérieur.

La vitrophanie

La vitrophanie, c’est-à-dire l’adhésif posé sur la vitre, permet d’afficher les horaires, le nom, les moyens de paiement acceptés ou une décoration saisonnière. Elle peut aussi servir d’occultation partielle pour un cabinet ou un institut. Quelques conseils :

  • placez les horaires à hauteur des yeux, près de la porte ;
  • gardez une partie de la vitre transparente pour que l’on voie l’activité ;
  • choisissez des adhésifs repositionnables pour les décors temporaires ;
  • vérifiez auprès de la mairie si la vitrophanie est encadrée par le RLP, ce qui est parfois le cas pour les adhésifs couvrant une grande surface.

Renouveler la mise en scène

Une vitrine qui change avec les saisons, les fêtes ou les nouveautés donne aux passants une raison de regarder à nouveau. Un fleuriste, une librairie ou un caviste peuvent construire un calendrier de vitrines, comme on construit un calendrier éditorial pour les réseaux sociaux.

La bonne démarche

Avant de commander : consultez le RLP, demandez au service urbanisme si une autorisation est nécessaire, faites préparer une maquette à l’échelle de la façade, puis déposez la demande avec la maquette et des photos. Une enseigne posée sans autorisation peut faire l’objet d’une mise en demeure et devoir être déposée à vos frais : quelques semaines d’anticipation évitent cette mauvaise surprise.

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